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Pourquoi j'écris

Le 9 novembre 2016, 19:35 dans Humeurs 0

1998. J'avais 7 ans et, pour la première fois, je vivais un deuil.

Pour la première fois, j'apprenais que les monstres existent aussi dans la vraie vie et que parfois, les papas tuent leurs enfants pour empêcher la maman d'en avoir la garde.

Mes notes à l'école en ont souffert. Une stagiaire m'a dit que je n'avais aucun avenir parce que j'étais mauvaise en mathématiques. Un camarade de classe qui devait trouver ça drôle s'est mis à me faire des menaces: «J'ai un couteau, je peux t'envoyer rejoindre ton amie.» J'ai fait des crises de panique (diagnostique: de l'asthme... ah oui, vraiment) tous les jours, une fois, deux fois, trois fois.

Au milieu de tout ça, il y a eu la rédaction en français.

Il fallait imaginer un animal vivant dans un zoo où chaque pensionnaire se consacrait à une activité d'humain. Un chien qui joue au golf, un ours musicien, ce genre de chose. Ma rédaction parlait d'une lapine gymnaste dont les longues oreilles l'aidaient à garder son équilibre quand elle marchait sur la poutre.

Ma prof a adoré. Elle a fait lire mon texte aux autres profs, et l'un d'eux l'a à son tour fait lire à ses élèves.

Ça a été ma bouée de sauvetage. J'ai mis des années à guérir du choc causé par le meurtre de mon amie, des années à ne plus avoir peur quand je passais près de la maison du garçon qui avait un couteau... mais quand j'écrivais mes histoires, j'étais en sécurité. Je décidais qui mourait, qui vivait, qui avait une belle vie, qui manquait de chance. Je faisais vivre l'enfer à mes personnages pendant que moi, je m'amusais bien confortablement devant l'écran de mon ordinateur, à l'abri du chaos que je créais sur la page.

Puis j'ai vieilli. Il a fallu que je devienne raisonnable: «Écrire, ce n'est pas un vrai travail!», m'ont dit mes parents. Je me suis inscrite en Sciences Humaines au Cégep (l'étape avant l'université) plutôt qu'en Arts et Lettres, parce que ça me préparerait mieux aux réalités du monde adulte. Ma santé mentale a fait des montagnes russes. Finalement j'ai quitté l'école avant l'obtention de mon diplôme parce que je n'étais plus capable de quitter mon lit le matin, parce que les mots de la stagiaire m'étaient revenus: je n'avais aucun avenir.

J'ai presque arrêté d'écrire. Presque, parce que le besoin d'écrire criait plus fort que la petite voix qui me disait qu'on m'avait menti, que je n'avais pas de réel talent.

Jusqu'à cette année, j'ai écrit parce que je ne pouvais pas ne pas écrire. Mais le plaisir n'était pas au rendez-vous. C'était la culpabilité qui me motivait. Si j'arrête d'écrire, je trahis l'enfant que j'étais. Pas très sain, vous ne trouvez pas?

Cette année, le plaisir est revenu. Je suis rouillée. Le talent que j'avais à 7 ans n'a plus vraiment d'importance et je dois réapprendre ce que j'ai oublié avec les années. So what? J'aime écrire. Pour vrai. La culpabilité est toujours là, mais elle se fait de plus en plus discrète. C'est merveilleux.

Et puis, ce matin, j'ai lu les mots «Président Trump» et j'ai eu peur. Peur pour mon avenir, l'avenir de mon fils, l'avenir de la planète. Peur pour la sécurité de mes amies vivant aux États-Unis. Peur pour la vie des minorités dans ce pays qui a voté pour un candidat raciste, homophobe, misogyne. Peur pour la santé de toutes ces femmes ayant survécu à la violence sexuelle et psychologique et qui ont écrit ne plus pouvoir regarder les informations à la télé, parce que les mots de Trump leur rappellent ceux de leurs abuseurs.

Mon sentiment d'impuissance exacerbe ma peur. Je suis Canadienne. Qu'est-ce que je peux faire pour changer les choses? Rien. Mon opinion n'a absolument aucune importance pour les élus américains. Je ne peux qu'attendre, espérer qu'ils ne nous embarquent pas dans une autre guerre, envoyer des ondes positives et inutiles à mes amies qui subissent les mauvais choix de leurs compatriotes.

Ce matin, j'ai pleuré.

Quand j'ai fini de pleurer, j'ai pensé à 1998.

J'ai pensé au sentiment d'impuissance qui me submergeait à tel point que j'avais de la difficulté à respirer.

J'ai pensé à l'écriture qui m'avait aidée à passer au travers.

Et j'ai décidé qu'aujourd'hui, ce serait à nouveau cette passion qui m'aiderait à ne pas me noyer.

J'écris parce que c'est ma bouée de sauvetage.

Objectifs de novembre

Le 1 novembre 2016, 16:32 dans Humeurs 2

Pour être franche, je déteste novembre. J'aime octobre et les belles feuilles multicolores. J'aime l'hiver et la neige, même quand il fait -1000°C (j'exagère à peine). Mais novembre, c'est le gris, le brun, et la neige qui ne reste pas. Déprimant. C'est aussi l'anniversaire de la mort de ma grand-mère. Bref, j'ai déjà hâte que le mois finisse.

(La négativité s'arrête ici.)

Il y a tout de même une ou deux raisons d'aimer novembre. Pour commencer, il y a NaNoWriMo. Il y a aussi... les soldes sur le chocolat d'Halloween? la température idéale pour faire de la soupe? un petit garçon qui est plein d'énergie tout au long de l'année et qui continue d'être un rayon de soleil même si c'est novembre? la sortie du film Fantastic Beasts and Where to Find Them? Mouais, ça aussi.

Après cette introduction qui n'a rien à voir avec mes objectifs de novembre*, voici ce que j'aimerais accomplir dans les trente prochains jours.

* Cette intro a été rédigée en plein milieu de la nuit. Note à moi-même: ne plus jamais tenter cela.

Participer à NaNoWriMo et rester dans la course jusqu'au bout

J'ai peu d'espoir d'arriver à «gagner» ce défi. Écrire 50 000 mots en un mois, c'est énorme. Je ne l'ai pas fait depuis 2012, et cette fois j'ai une difficulté supplémentaire que je n'avais pas à l'époque: un petit être humain qui dépend de moi et qui adore monopoliser mon attention.

Mais je me moque de gagner ou pas. J'ai beaucoup écrit depuis janvier, plus que j'avais écrit depuis la naissance d'Arthur: maintenant, j'ai envie de repousser mes limites.

Boire au moins un litre d'eau par jour

Un litre, c'est peu. C'est quand même un litre de plus que je ne bois présentement.

Lire un roman

Juste un. Ma priorité durant mes temps libres sera l'écriture, mais j'aimerais ne pas complètement abandonner la lecture durant ce mois.

M'accorder un bain relaxant par semaine

Parce que je suis de nature anxieuse. Parce que je viens d'acheter un bain moussant qui sent divinement bon. Parce que je suis épuisée, entre mon voisin qui fait des rénovations la nuit et mon fils qui fait des crises pour tout et pour rien. Parce que c'est important de prendre soin de soi, aussi.

Ne pas passer mes journées en pyjama

Ça passe pour mon bambin. Il peut aller au parc vêtu de son pyjama avec des dragons, et personne ne trouvera rien à redire. Ce n'est pas mon cas. Je me juge moi-même quand je m'aperçois dans le miroir, perdue dans mon pyjama informe à 15h. Je n'ose même pas imaginer ce que les gens se disent lorsqu'ils viennent frapper ici.

Acheter une partie des cadeaux de Noël d'Arthur

Nous avons tendance à attendre à la dernière minute avant de faire nos achats de Noël. (Nous avons tendance à attendre à la dernière minute pour tout, mais c'est une autre histoire.) C'est stressant. Prenons de l'avance pour changer!

Et vous, quels sont vos objectifs ce moi-ci?

Un peu de bonheur

Le 25 octobre 2016, 18:13 dans Humeurs 4

Quand j'ai visité Hellocoton hier et que j'ai vu le Défi Liste/Tag de Zenopia de cette semaine, j'ai tout de suite eu envie d'y participer. D'abord parce que je ne sais toujours pas quoi écrire sur ce blog (mais j'ai quelques idées pour novembre), ensuite parce que j'ai besoin d'être plus positive. J'ai l'impression de passer mon temps à me plaindre. Ça m'énerve, ça énerve les gens autour de moi. Le pire, c'est que je n'ai aucun contrôle sur la cause principale de ma mauvaise humeur. Je pourrais vous expliquer pourquoi, mais, euh... ceci est un tag sur le bonheur, ne nous égarons pas.

Alors, voilà. Injectons un peu de bonheur ici!

Quel plat simplissime (sauf des pâtes) aimes-tu particulièrement manger ? De la soupe. À peu près n'importe quelle soupe.

La chanson qui te met de bonne humeur ? Riptide de Vance Joy entre autres. Je mets celle-là parce qu'elle a souvent joué dans notre appartement ces derniers jours. Le visage d'Arthur s'illumine dès les premières notes et il se met à danser, c'est mignon.

Le moment de la journée que tu préfères ? Égoïstement, les quelques heures après avoir endormi mon fils. Il me faut du temps pour moi si je veux survivre à la vie avec un bambin.

Une des plus jolies surprises que l’on pourrait te faire ? M'acheter une maison! Bah quoi? Le tag ne dit pas que ça doit être réaliste.

Ton vêtement fétiche ? Je ne la porte plus depuis que j'ai Arthur: c'est une robe noire et grise à col bateau, avec des poches.

Le petit rien dans une journée qui pourrait te faire sourire ? Voir mon fils essayer de chatouiller les chats.

Un de tes souvenirs les plus heureux ? Mes étés d'enfance, passés dans la région de Québec avec mes grands-parents. J'aimais particulièrement lorsque nous restions chez ma grand-tante Cathy. Elle vivait à la campagne dans une maison immense et son fils, mon parrain, habitait encore chez elle. Si je devais n'utiliser qu'un seul mot pour décrire ces vacances, ce serait liberté.

Le château Frontenac à Québec (x)

Une fois où tu as pleuré de joie ? Il m'arrive de pleurer de joie en regardant Arthur s'endormir le soir. Chut, c'est tout à fait normal, d'accord?

Une période de ta vie particulièrement cool ? Les deux semaines passées en Angleterre quand j'avais 16 ans. C'était un voyage organisé par deux profs de mon école et nous n'étions que 15 élèves à avoir la chance d'y participer. Qu'est-ce qui est plus cool que de visiter Stonehenge pendant qu'au Québec, tout le monde est assis en classe et se prépare pour les examens de fin d'année?

Un lieu que tu aimes / où tu te sens bien ? Le chalet de mes beaux-parents. Ce qui est dommage, c'est que je déteste le trajet pour s'y rendre. Six heures de route, avec une partie sur une route pas goudronnée, c'est l'enfer!

Ton plus grand bonheur du moment ? Boire une tasse fumante de chai au chili chocolaté en me préparant pour NaNoWriMo.

(x)

Le souvenir auquel tu penses et qui te fait sourire à tous les coups ? J'ai rencontré les membres d'un de mes groupes préférés après avoir vu leur spectacle en 2011. Il y a la preuve en vidéo sur Youtube, mais si vous pensez que je vais vous la montrer, hahaha!

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